Dans un message publié le 19 février 2025, le Conseil fédéral propose de modifier la Loi fédérale sur le service civil (LSC) afin de rendre le service civil moins attractif. Cet objet reprend l'intégralité des demandes de la motion 22.3055 du groupe UDC. Le Conseil fédéral envisage en effet six mesures pour que le service civil remplisse à nouveau la mission pour laquelle il a été créé, c'est-à-dire faire office d'un service de remplacement auquel ne sont éligibles que des «personnes se trouvant dans une situation exceptionnelle».
La première mesure proposée prévoit un minimum de 150 jours de service à effectuer, afin de diminuer le nombre de militaires décidant de quitter les rangs de l'armée pour effectuer un service civil après la fin de leur école de recrue. Il s'agit en effet d'augmenter le nombre total de jours de service à accomplir si le soldat décide de quitter l'armée en cours de route. Plus cette décision est prise tardivement, plus le cumul des jours servis, d'abord à l'armée puis au service civil, est important.
La deuxième mesure, l'application du facteur 1.5 également aux sous-officiers et aux officiers, vise à dissuader les sous-officiers supérieurs et les officiers de quitter l’armée pour le service civil. D'après le Conseil fédéral, «le nombre plus élevé de jours d’instruction dans l’armée déjà accomplis et à accomplir n’est plus pris en considération dans ces cas, puisque le facteur 1.5 est systématiquement appliqué lors de l’admission au service civil». Concrètement, le facteur 1.5 signifie que le nombre de jours de service civil à effectuer correspond à une fois et demie le nombre de jours de service militaire qui resteraient encore à accomplir au moment de la demande de service civil. Aujourd’hui, les cadres (sous-officiers supérieurs et officiers) bénéficient d’un facteur plus bas, pouvant descendre jusqu’à 1.1, ce qui raccourcit proportionnellement leur service civil par rapport aux soldats. Avec la réforme, ce privilège disparaît: le facteur 1.5 s’appliquerait aussi à eux, de sorte qu’un cadre qui quitte l’armée devrait, lui aussi, accomplir sensiblement plus de jours de service civil.
La troisième mesure, l'interdiction des affectations nécessitant des études de médecine humaine, dentaire ou vétérinaire, vise à rendre le service militaire plus attractif que le service civil pour les médecins, afin de répondre au manque de médecins dans l'armée. Cela signifie que le service civil ne pourra plus proposer de places dont le cahier des charges exige d’avoir commencé ou terminé des études universitaires de médecine humaine, dentaire ou vétérinaire. Les étudiants en médecine et les médecins pourront toujours être admis au service civil, mais ils ne pourront plus choisir des affectations qui leur permettent directement de cumuler de l’expérience clinique ou de faire avancer leur formation médicale. L’idée est d’éviter que le service civil soit utilisé comme «bonus de carrière» pour les futurs médecins et de rendre, au contraire, le service militaire plus attractif pour ce groupe professionnel.
Les trois mesures restantes (pas d’admission de militaires ayant accompli leurs jours de service, obligation d’accomplir une période d’affectation par année dès l’admission, obligation de terminer une affectation longue au plus tard pendant l’année civile qui suit l’entrée en force de la décision d’admission au service civil des requérants, c’est-à-dire des personnes qui ont demandé à passer au service civil, ayant déposé leur demande pendant l’école de recrues) visent «à renforcer le respect du principe de l’équivalence entre l’accomplissement du service militaire et celui du service civil» et à diminuer l'attractivité du service civil de manière ciblée. En pratique, cela signifie qu’une personne qui dépose sa demande de service civil pendant l’école de recrues doit réaliser sa longue affectation (celle qui remplace l’école de recrues) au plus tard d’ici la fin de l’année civile suivant son admission, et ne peut plus la repousser sur plusieurs années comme c’est largement le cas aujourd’hui.