Par l'intermédiaire d'une motion, le député zurichois Benjamin Fischer (udc) a demandé au Conseil fédéral d'élaborer les modifications légales nécessaires à ce que la Suisse devienne une place forte pour l'émission de cryptomonnaies stables (aussi appelées stablecoins). Ces crypto-actifs, dont la valeur est indexée à une monnaie existante, permettent de profiter des avantages de la technologie blockchain tout en évitant les fortes fluctuations auxquelles sont soumises les cryptos classiques, selon le motionnaire. Pour que cela fonctionne, certains stablecoins sont couverts par des réserves réelles (obligations d'Etat, espèces), mais tous ne garantissent pas la même sécurité. Pour que la Suisse puisse en tirer avantage, l'élu UDC estime qu'il est essentiel de créer un cadre juridique sûr et favorisant l'innovation autour de cette pratique. Ainsi, le pays pourrait se procurer un avantage concurrentiel par rapport à l'UE, et se présenter comme un lieu attractif pour les entreprises actives dans le secteur de la blockchain.
Le Conseil fédéral s'est montré favorable à la motion, dont les demandes pourront être traitées dans le cadre d'un projet de loi élaboré actuellement par le Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI). Le droit des marchés financiers, en particulier les dispositions relatives à l'autorisation FinTech dans la Loi sur les banques (LB), pourrait être modifié de manière ciblée pour l'émission de cryptomonnaies stables. Il s'agit de réunir les aspects d'innovation et les enjeux d'intégrité et de stabilité du secteur financier dans ce projet législatif.
La motion a été combattue par le groupe socialiste. A la tribune, Emmanuel Amoos (ps, VS) a cité une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI) estimant «que les cryptomonnaies stables ne remplissent pas les critères clés pour être une réserve de valeur sûre et un moyen de paiement digne de confiance pour l'économie réelle».
Finalement, la motion a été adoptée par 139 voix contre 34 et 16 abstentions. Les abstentions provenaient principalement du groupe écologiste. En outre, quatre socialistes se sont montrés favorables à l'objet, allant ainsi à l’encontre de leur groupe.