La conseillère nationale Meret Schneider (vert-e-s, ZH) souhaite que les trophées de chasse d'espèces menacées soient soumis à davantage de contrôles lors de leur importation. Elle a donc déposé une motion demandant au Conseil fédéral d'étendre le régime du permis d'importation de trophées de chasse à l'intégralité ou simplement à certaines parties du cadavre des animaux appartenant à des espèces menacées d'extinction selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Actuellement, il n'est nécessaire de disposer d'un permis que pour importer les cadavres protégés par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages. Ce changement des dispositions en vigueur permettrait aux autorités de disposer d'informations plus précises sur les effets du commerce et de la chasse des animaux appartenant aux espèces les plus menacées. La motionnaire n'ayant pas été réélue lors des élections fédérales de 2023, c'est sa collègue de parti, Irène Kälin (vert-e-s, AG) qui s'est chargée de défendre le texte en chambre. Celle-ci a notamment tenu à mettre en avant que l'Etat disposait aujourd'hui de peu de moyens pour contrôler le transfert de trophées issus de chasses illégales. A cet égard, l'élue argovienne a affirmé que «es geht hier auch nicht um die Jagd, wie wir sie kennen und schätzen».
S'exprimant au nom du Conseil fédéral pour convaincre les parlementaires de rejeter la motion, la ministre de l'agriculture Elisabeth Baume-Schneider a indiqué qu'un permis d'importation était déjà nécessaire pour acquérir des trophées de chasse issus d'espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages. Selon elle, il n'est donc pas nécessaire d'étendre le régime du permis d'importation aux animaux qui figureraient que sur la liste rouge de l'UICN. Selon la conseillère fédérale, cette liste répertorie «16 000 espèces menacées, dont seule une très petite partie fait l'objet d'un commerce international».
L'objet a été rejeté par 116 voix contre 71 et 2 abstentions. La minorité était composée de députées et députés écologistes, socialistes et du PVL.