Eine schweizerische Halbleiterstrategie (Po. 23.3866)

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En juin 2023, Damien Cottier (plr, NE) a déposé un postulat demandant au Conseil fédéral d'analyser la situation du secteur des semi-conducteurs en Suisse, dans un contexte de forte concurrence internationale. Bien que la Suisse ne produise pas de semi-conducteurs, le député PLR s'inquiète pour les nombreuses entreprises helvétiques qui participent à cette chaîne de valeur, dans le développement et la recherche de nouvelles technologies de pointe.
Lors du passage au Conseil national en juin 2024, Damien Cottier a rappelé l'importance et l'omniprésence des semi-conducteurs dans le quotidien, puis a expliqué que cette technologie fait l'objet d'investissements massifs de la part des Etats-Unis et de l'Union européenne (UE), notamment dans la recherche et le développement. Sans pour autant appeler à «une politique industrielle soutenue par l'Etat», le député PLR a demandé au Conseil fédéral de développer une stratégie pour améliorer les conditions-cadres dans ce secteur, promouvoir des partenariats public-privé et collaborer davantage avec l'UE dans ce domaine. Le conseiller fédéral Guy Parmelin est ensuite intervenu pour rappeler l'opposition de l'exécutif à ce postulat. Ce dernier estime que des aides supplémentaires seraient ni souhaitables, ni utiles, et que les préoccupations du député Cottier sont déjà prises en compte dans le rapport relatif aux postulats 22.3405 du groupe socialiste et 23.3543 de Samira Marti (ps, BL). Les arguments du Conseil fédéral n'auront toutefois pas convaincu le Conseil national, qui a accepté le postulat par 145 voix (27 PLR, 40 PS, 16 UDC, 23 Vert-e-s, 29 Centre, 10 Vert'libéraux) contre 50 voix UDC et 0 abstention.

En janvier 2026, le Conseil fédéral a publié son rapport en réponse au postulat Cottier, qui demandait d'analyser la situation du secteur des semi-conducteurs en Suisse, en particulier les opportunités et les risques liés aux développements récents.

Le rapport commence par définir les semi-conducteurs, qui sont pour la plupart des circuits intégrés que l'on nomme également «puces». Ces puces composent les appareils électroniques, tels que les smartphones, les ordinateurs, ou encore les dispositifs médicaux et sont donc des composantes fondamentales des technologies modernes. La chaîne de valeur des semi-conducteurs est complexe, d'envergure mondiale et fragmentée, allant de la recherche et développement (R&D) à la distribution, en passant par la conception. Le secteur de semi-conducteurs a explosé avec l'avènement des technologies de l'information et de la communication (TIC) et la demande provient de nombreuses industries différentes, comme les industries des transports, des machines, des équipements électriques ou encore des télécommunications. Au niveau international, le rapport décrit que les ventes de semi-conducteurs ont augmenté de 6.8 pour cent par année depuis 2000, et que plus de la moitié de la part des ventes est détenue par les Etats-Unis. Toutefois, le centre de gravité de la production s'est progressivement déplacé vers l'Asie de l'Est, entraînant une concentration géographique des maillons de la chaîne et créant une dépendance critique.
Le Conseil fédéral a ensuite analysé les forces et faiblesses du secteur des semi-conducteurs en Suisse qui compte une centaine d'entreprises et quelque 15'000 employés. La Suisse se distingue par ses installations et machines de production de qualité, misant sur la haute précision et la fiabilité plutôt que sur la production de masse. Le rapport explique aussi que le pays est particulièrement compétent dans la recherche de pointe. Du côté des faiblesses, le rapport pointe du doigt les coûts de production élevés (énergie, salaires, franc fort), la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et les dépendances étrangères. Le rapport constate aussi que la vulnérabilité helvétique dépend en grande partie de la concentration du commerce mondial : plus les échanges internationaux sont diversifiés, plus la Suisse peut compenser une rupture d’approvisionnement en se tournant vers d'autres pays.
Finalement, le rapport met en avant plusieurs axes d'amélioration. Le Conseil fédéral mise sur l'amélioration des conditions-cadres économiques pour les entreprises et une réduction des coûts de production. Ces mesures sont inscrites à l'agenda de politique économique pour la législature 2023-2027. Le gouvernement met également en avant le soutien à la recherche et à l'innovation à travers notamment le Fonds national suisse (FNS), Innosuisse, ou encore les programmes-cadres de l'UE.
Le rapport conclut donc que si la Suisse ne peut pas rivaliser dans la production de masse, elle reste solide et compétitive grâce à une recherche de pointe, des infrastructures modernes et d’excellentes conditions‑cadres. En renforçant l’accès aux marchés internationaux et en poursuivant ses réformes économiques, le Conseil fédéral soutient son industrie de semi‑conducteurs et sa capacité d’innovation.